Musique et marketing.

Connaissez-vous Étienne Bovo?

Vivre de sa musique, un exemple de plan de marketing

Vous l’avez peut-être déjà entendu jammer au Parc Lafontaine, avec des amis ou encore vous avez participé à une soirée organisée pas Jammontréal (jammontreal.ca). J’ai tout d’abord connu Étienne comme flutiste lors d’une fin de semaine de danse libre organisée par Pierre Mathieu. Que de belle magie et complicité, guitare acoustique open tuning et flute traversière autour du feu de foyer, de beaux souvenirs. C’est donc avec enthousiasme que j’ai participé à plusieurs de ses jams qui ont eu lieu successivement sur Papineau, ensuite sur Parc à l’Artère, sur St-Laurent et ces temps-ci, au Café Tuyo sur Rachel. Dans toutes ces soirées j’ai découvert qu’Étienne était aussi un chanteur extraordinaire, unique dans son approche, dans le travail de la voix et du chant en groupe. Puis, son goût du funk se révélait alors qu’il sautait sur la batterie ou la basse, il a un sens du rythme et une précision remarquable. Donc, lorsque j’ai entendu sa chanson j’y ai tout d’abord retrouvé toutes ces facettes qui forment un assemblage unique, la musique d’Étienne lui ressemble. Il n’a pas essayé d’imiter personne, il est lui-même et une impression d’intégrité ressort de l’écoute. Je ne connaissait pas ses talents d’ingénieur de son mais lorsque le constate le détail de l’image stéréophonique du mix des premières mesures je découvre une autre corde à son arc. Donc, voilà un musicien talentueux, qui a des idées et qui aimerait bien vivre de sa musique. Peut-être plusieurs d’entre-nous se reconnaitrons dans cette aspiration. C’est donc à eux que je m’adresse dans ce blog qui va observer l’évènement du lancement dans son ensemble sur le plan « business ».

Voyons comment Étienne s’y prend. Tout d’abord, il a une présence sur Facebook (autour de 2600 amis), il organise des évènements Facebook et son lancement est tout d’abord proposé comme un évènement, même si en fait sur la page de l’évènement, il nous redirige vers une nouveau nom de domaine (www.etiennebovo.com). Sur la page de l’événement ) il nous recommande de partager l’évènement, pour ce faire, il faut trouver la commande pour le faire. Pour faire apparaitre Share Event, il faut tout d’abord cliquer sur le triangle inversé :

Partager un évènement Facebook
Partager un évènement Facebook

Les deux choix faciles sont soit de partager sur votre Timeline ou encore avec un groupe approprié.

Comme j’ai présentement 296 amis, ceux-ci s’ajouteront au nombre des utilisateurs Facebook qui pourront voir défiler la nouvelle. Si plusieurs personnes partagent avec leurs amis on peut supposer que le site sera populaire. 850 personnes ont été invitées, par Étienne lui-même ou par la liste initiale d’invités. Si j’étais Étienne, je chercherais à savoir combien de personnes ont partagées son événement tel qu’il le demande. Mes recherches m’indiques que seul le propriétaire du token d’identification original – soit le créateur de l’évènement peut accéder à cette information via FBQL mais c’est un sujet profond. J’ai cherché à savoir indirectement par le site http://www.sharedcount.com le résultat pour l’URL www.etiennebovo.com. Voici ce que ça donne :

 

Site SharedCount
Site SharedCount

Je sais que comme comme moi Étienne utilise comme référence quelques excellentes suggestions de Marc-André Laporte qui offre un plan gratuitement sur son site http://donnetamusique.com. C’est Alain Salesse et son excellent site http://c-r-e-e.com/entrepreneur-publicite.html qui m’ont pointé vers donnetamusique.

Donc, deux jours après avoir écouté la chanson gratuite d’Étienne, je reçoit un courriel qui me pointe vers son site à nouveau mais cette fois-ci vers une texte beaucoup plus profond qui nous révèle un peu plus la vrai nature et les intentions d’Étienne. Après la lecture du texte ou même pendant, des hyperliens nous dirigent vers une page où je peux écouter des extraits d’un album. Je découvre une intention pure et une ambiance que j’apprécie. Je note que je peux commander l’album pour 20$ via PayPal et obtenir un remboursement si je ne suis pas satisfait. Est-ce que je vais l’acheter ? Bien sûr que oui, je le connais personnellement. Au dîner, ce midi, je demande à trois femmes qui dînent avec moi si elles achèteraient mon CD – bien oui. Elles sont des proches. Je leur demande aussi quand et quel était le dernier CD qu’elles ont achetées. La première me dit que c’était lors d’un concert où elle avait reconnu des musiciennes vues dans une performance de rue et qu’elle l’avait fait pour les encourager. La deuxième m’explique qu’elle a commander un CD pour apprendre des chants pour des ateliers qu’elle dirige. De retour à la maison, je leur fait écouter des extraits du CD d’Étienne, elles trouvent cela très beau et beaucoup mieux que la pièce gratuite. Et je leur pose la question qui tue : achèteriez-vous ce CD ? La réponse a été «qu’est-ce que ferais avec, il y a plein de musique partout». Le premier cercle de relations est très difficile à percer. Ils ne connaissent pas assez Étienne pour vouloir l’encourager, ils ne trouvent pas de fonction utilitaires à ce CD et ils peuvent écouter ce qu’ils veulent gratuitement sur YouTube.

Est-ce que la musique est devenu complètement utilitaire comme au Moyen-Age : musique pour la religion, musique pour danser, musique pour les événements spéciaux? Certains signes le démontrent, des sites comme Songza font exactement cela, ils classifient la musique selon l’activité que vous êtes en-train de faire : souper, party du vendredi, sport. Spotify tangue de plus en plus vers le même modèle. Lorsque nous étions ados, nous avions une activité spéciale qui s’appelait «tripper», elle pouvait se faire avec ou sans drogue ou alcool mais avec du temps libre. On s’assoyait sur le sofa, parfois en recherchant une compagne d’écoute également trippante et on mettait un disque pour partir en voyage. Je me rappelle que lorsque je me suis marié, la chaîne stéréo était le plus gros investissement de notre ménage. Aujourd’hui, pour les jeunes, les écouteurs haut-de-gamme remplacent la chaîne stéréo et on trippe en marchant ou dans le métro.

Pour revenir à Étienne, il doit percer le mur du premier cercle de connaissances. Nous, ses proches sommes ses ambassadeurs. Nous aurons le CD en main et pourrons l’amener dans la voiture – un autre emploi utilitaire et parler à nos passager de ce gars qui organise depuis des années des jams Montréal, qui improvise dans des Raves avec les Djs et qui combine merveilleusement rythme et lyrisme.

Si vous êtes un créateur de musique ou un créateur d’art utilisant la musique, ces articles pourront vous aider à comprendre des éléments techniques.  Il y aura des articles qui parleront des différentes articulations d’un ensemble d’outils et d’autres qui se voudront une réflexion qui je l’espère nous aidera à trouver la voie vers une approche nous permettant de vivre de notre art.

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