L’expérience Tribål Půrsuit

Avec mes colocs Michel Roy et Philippe Bourret, nous avons commencé à improviser avec nos loopers. Il y a aussi eu plusieurs soirées entre amis qui nous ont inspirées cette musique tribale et intuitive. Nous jouons au Baril Roulant de Val-David, samedi le 13 août et nous tournerons une vidéo promotionelle à ce moment. En attendant vous pouvez écouter la démo réalisée très rapidement pour ce concert sur YouTube:
 

La valeur du silence et la question du volume de la musique

La valeur du silence et la question du volume de la musique

Lorsque la musique interagit avec d’autres trames (poésie, théatre, cinéma), elle doit trouver son espace et son volume de façon naturelle. Dans l’extrait qui suit, nous avons eu la chance de jouer
sans système de son, dans une salle avec une bonne acoustique et un silence total. La captation par Jocelyne Langlois avec une caméra digitale démontre bien le niveau de silence puisqu’on entend clairement les crissements des runnings d’Éric Roger. Dans l’extrait qui suit, je peux partager avec vous comment mes oreilles entendent l’équilibre entre la musique et la lecture. Notez l’utilisation des silences par Éric et moi-même et jugez par vous-même qu’il y a autant de présence dans l’absence de notes qu’en leur présence…

 

Voici une autre démonstration de ce principe réalisée à la Messe Poétique de Juin 2016. J’ai choisi un style atonal pour accompagner Claudius le Rimailleux dans son évocation des nuances de la conscience. Chaque mot peut révéler une nouvelle perspective, chaque silence nous fait pencher au dessus du vide.

 

Merci à Yvon Jean pour la captation.

Compassion

Compassion

Avez-vous parfois l’impression de frapper un mur ? La sensation que rien dans votre passé ne vous prépare à ce qui va se passer ?  C’est ce qui se passe avec moi depuis quelques mois.  Le modèle « économique » de la musique qui se cherche sans se trouver mais la musique qui continue tout de même.  Le découragement occasionné par les efforts entrepris pour être présent – avec mon équipement – devant un « public » presqu’absent.

Et, cette certitude que la solution n’est pas dans la réflexion, dans cette habitude de justement « réfléchir » des idées comme de la lumière enfermée dans une boîte de miroirs.  D’ailleurs, ces idées, d’où proviennent-elles véritablement ?

On est tous dans le même bateau, la musique nous permet de manifester parfois instantanément une conscience, une présence qui va au-delà de la réflexion.  Elle offre un feedback par l’ouïe d’une vibration, peut-être y-a-t-il une correspondance entre cette vibration et la vibration de notre âme collective.  La musique permet une connexion intime entre les musiciens et ceux qui les écoutent.  Je croyais qu’elle était un luxe, quelque chose à faire « après le travail », je n’en suis plus si certain.

Dans les jours qui suivent je vais partager quelques ébauches de projets en cours, seulement avec cette intention de connexion et sans attentes ou préméditation de modèle économique, je le fais parce que la compassion l’exige.

Musique et marketing.

Connaissez-vous Étienne Bovo?

Vivre de sa musique, un exemple de plan de marketing

Vous l’avez peut-être déjà entendu jammer au Parc Lafontaine, avec des amis ou encore vous avez participé à une soirée organisée pas Jammontréal (jammontreal.ca). J’ai tout d’abord connu Étienne comme flutiste lors d’une fin de semaine de danse libre organisée par Pierre Mathieu. Que de belle magie et complicité, guitare acoustique open tuning et flute traversière autour du feu de foyer, de beaux souvenirs. C’est donc avec enthousiasme que j’ai participé à plusieurs de ses jams qui ont eu lieu successivement sur Papineau, ensuite sur Parc à l’Artère, sur St-Laurent et ces temps-ci, au Café Tuyo sur Rachel. Dans toutes ces soirées j’ai découvert qu’Étienne était aussi un chanteur extraordinaire, unique dans son approche, dans le travail de la voix et du chant en groupe. Puis, son goût du funk se révélait alors qu’il sautait sur la batterie ou la basse, il a un sens du rythme et une précision remarquable. Donc, lorsque j’ai entendu sa chanson j’y ai tout d’abord retrouvé toutes ces facettes qui forment un assemblage unique, la musique d’Étienne lui ressemble. Il n’a pas essayé d’imiter personne, il est lui-même et une impression d’intégrité ressort de l’écoute. Je ne connaissait pas ses talents d’ingénieur de son mais lorsque le constate le détail de l’image stéréophonique du mix des premières mesures je découvre une autre corde à son arc. Donc, voilà un musicien talentueux, qui a des idées et qui aimerait bien vivre de sa musique. Peut-être plusieurs d’entre-nous se reconnaitrons dans cette aspiration. C’est donc à eux que je m’adresse dans ce blog qui va observer l’évènement du lancement dans son ensemble sur le plan « business ».

Voyons comment Étienne s’y prend. Tout d’abord, il a une présence sur Facebook (autour de 2600 amis), il organise des évènements Facebook et son lancement est tout d’abord proposé comme un évènement, même si en fait sur la page de l’évènement, il nous redirige vers une nouveau nom de domaine (www.etiennebovo.com). Sur la page de l’événement ) il nous recommande de partager l’évènement, pour ce faire, il faut trouver la commande pour le faire. Pour faire apparaitre Share Event, il faut tout d’abord cliquer sur le triangle inversé :

Partager un évènement Facebook
Partager un évènement Facebook

Les deux choix faciles sont soit de partager sur votre Timeline ou encore avec un groupe approprié.

Comme j’ai présentement 296 amis, ceux-ci s’ajouteront au nombre des utilisateurs Facebook qui pourront voir défiler la nouvelle. Si plusieurs personnes partagent avec leurs amis on peut supposer que le site sera populaire. 850 personnes ont été invitées, par Étienne lui-même ou par la liste initiale d’invités. Si j’étais Étienne, je chercherais à savoir combien de personnes ont partagées son événement tel qu’il le demande. Mes recherches m’indiques que seul le propriétaire du token d’identification original – soit le créateur de l’évènement peut accéder à cette information via FBQL mais c’est un sujet profond. J’ai cherché à savoir indirectement par le site http://www.sharedcount.com le résultat pour l’URL www.etiennebovo.com. Voici ce que ça donne :

 

Site SharedCount
Site SharedCount

Je sais que comme comme moi Étienne utilise comme référence quelques excellentes suggestions de Marc-André Laporte qui offre un plan gratuitement sur son site http://donnetamusique.com. C’est Alain Salesse et son excellent site http://c-r-e-e.com/entrepreneur-publicite.html qui m’ont pointé vers donnetamusique.

Donc, deux jours après avoir écouté la chanson gratuite d’Étienne, je reçoit un courriel qui me pointe vers son site à nouveau mais cette fois-ci vers une texte beaucoup plus profond qui nous révèle un peu plus la vrai nature et les intentions d’Étienne. Après la lecture du texte ou même pendant, des hyperliens nous dirigent vers une page où je peux écouter des extraits d’un album. Je découvre une intention pure et une ambiance que j’apprécie. Je note que je peux commander l’album pour 20$ via PayPal et obtenir un remboursement si je ne suis pas satisfait. Est-ce que je vais l’acheter ? Bien sûr que oui, je le connais personnellement. Au dîner, ce midi, je demande à trois femmes qui dînent avec moi si elles achèteraient mon CD – bien oui. Elles sont des proches. Je leur demande aussi quand et quel était le dernier CD qu’elles ont achetées. La première me dit que c’était lors d’un concert où elle avait reconnu des musiciennes vues dans une performance de rue et qu’elle l’avait fait pour les encourager. La deuxième m’explique qu’elle a commander un CD pour apprendre des chants pour des ateliers qu’elle dirige. De retour à la maison, je leur fait écouter des extraits du CD d’Étienne, elles trouvent cela très beau et beaucoup mieux que la pièce gratuite. Et je leur pose la question qui tue : achèteriez-vous ce CD ? La réponse a été «qu’est-ce que ferais avec, il y a plein de musique partout». Le premier cercle de relations est très difficile à percer. Ils ne connaissent pas assez Étienne pour vouloir l’encourager, ils ne trouvent pas de fonction utilitaires à ce CD et ils peuvent écouter ce qu’ils veulent gratuitement sur YouTube.

Est-ce que la musique est devenu complètement utilitaire comme au Moyen-Age : musique pour la religion, musique pour danser, musique pour les événements spéciaux? Certains signes le démontrent, des sites comme Songza font exactement cela, ils classifient la musique selon l’activité que vous êtes en-train de faire : souper, party du vendredi, sport. Spotify tangue de plus en plus vers le même modèle. Lorsque nous étions ados, nous avions une activité spéciale qui s’appelait «tripper», elle pouvait se faire avec ou sans drogue ou alcool mais avec du temps libre. On s’assoyait sur le sofa, parfois en recherchant une compagne d’écoute également trippante et on mettait un disque pour partir en voyage. Je me rappelle que lorsque je me suis marié, la chaîne stéréo était le plus gros investissement de notre ménage. Aujourd’hui, pour les jeunes, les écouteurs haut-de-gamme remplacent la chaîne stéréo et on trippe en marchant ou dans le métro.

Pour revenir à Étienne, il doit percer le mur du premier cercle de connaissances. Nous, ses proches sommes ses ambassadeurs. Nous aurons le CD en main et pourrons l’amener dans la voiture – un autre emploi utilitaire et parler à nos passager de ce gars qui organise depuis des années des jams Montréal, qui improvise dans des Raves avec les Djs et qui combine merveilleusement rythme et lyrisme.

Si vous êtes un créateur de musique ou un créateur d’art utilisant la musique, ces articles pourront vous aider à comprendre des éléments techniques.  Il y aura des articles qui parleront des différentes articulations d’un ensemble d’outils et d’autres qui se voudront une réflexion qui je l’espère nous aidera à trouver la voie vers une approche nous permettant de vivre de notre art.

Enregistrer un spectacle live avec une caméra vidéo

Caractéristiques audio d’une caméra vidéo

Dans mon dernier blog, j’ai comparé des enregistrements réalisés directement d’une caméra video à d’autres réalisés à partir d’une table de mixage.  Il existe des raisons pourquoi une caméra de type consommateur n’est pas douée pour l’enregistrement audio live.  Les caméras numériques modernes enregistrent avec une résolution audio de 48K au lieu du standard utilisé pour les CDs qui est de 44K.  Le ‘K’ réfère au chiffre 1000, ainsi 44K est 44,000 échantillons par secondes.  Donc, la caméra vidéo est capable d’encoder numériquement à une résolution supérieure à un CD, le problème ne se situe pas là.  La caméra va encoder (transformer les ondes analogiques en valeurs numériques) à partir de ce qui est capté par son microphone interne.  Le prix des microphones utilisés dans les studios de son varie énormément mais il y a un genre de plancher autour de 200$, et un bon micro peut coûter des milliers de dollars.  Si on a payé la caméra 300$, on ne peut s’attendre à ce que le micro soit d’une qualité exceptionelle.  Les manufacturiers de caméra sont conçues pour «Monsieur Tout Le Monde» qui filme ses enfants à Noël plus qu’à des artistes qui veulent un démo.  Ainsi, même si la caméra peut encoder à 48K, celle-ci ne donnera pas des résultats extraordinaires à cause de son micro interne de faible qualité.  Si le micro était branché directement  au module de conversion numérique AD (Analogue/Digital) le son serait en effet ordinaire mais incroyablement meilleur que ce qui se fait par défaut pour une situation live.  Dans un enregistrements live, il y a un public qui est parfois bruyants et parfois silencieux, il y a toutes sortes de bruits de salle, on pourrait se dire que cela devrait contribuer à l’ambiance mais en fait il n’en est rien.  À l’interne de la caméra, et souvent sans que l’on puisse le désactiver, un module compresseur et parfois compresseur-limiteur modifie le signal capté par le micro avant de l’envoyer au convertisseur numérique.  Ce compresseur remonte automatiquement le gain envoyé au convertisseur AD afin que celui si recoive en moyenne un signal maximal (0dB).  Dans une maison, si je filme ma blonde qui chuchote, cela serait très pratique car le compresseur permettra de l’entendre clairement malgré le bas volume.  L’autre raison pour la présence d’un compresseur est que le vidéaste est normalement occupé à regarder ce qu’il filme pour cadrer correctement, il n’aurait pas le temps de constamment surveiller un indicateur de gain et d’ajuster manuellement la sensibilité du micro. Notons également que si le son est trop fort, le convertisseur numérique «clippe», c’est-à-dire qu’il enregistre un bruit très désagréable au lieu du son capté, cette conversion est pire que la distortion analogique, c’est le rôle du limiteur interne de prévenir cette condition.  En situation d’enregistrement live, cette faculté du compresseur va jouer contre nous, car, dès que le son du public baisse, le compresseur interprétera ceci comme une demande d’augmenter la sensibilité et on obtient des vagues de bruits de salles inverses à leur volume réel.  Combien de performances historiques ont été bien captées visuellement mais souffrent de maladie sonore!  En conclusion, j’ai partagé pourquoi une caméra vidéo de type consommateur en situation live n’est pas appropriée, les deux raison principales sont que le compresseur intégré qui ne peut être désactivé et que le micro est de faible qualité.

Il existe une raison supplémentaire mais qui n’est pas de nature technique.  Nous avons de la musique dans nos soirées de poésie, le musicien doit pouvoir s’entendre clairement lorsqu’il joue et également entendre le poète disctinctement, ceci est normalement réalisé grâce à des moniteurs de scène.  La balance entre le volume de la musique et le volume du texte serait idéalement ajustée pour la scène via les moniteurs et pour la salle de façon différente.  La caméra enregistre en stéréo mais elle capte les deux pistes gauche et droite à la fois, ce qui implique que si la musique est trop forte ou l’inverse, il n’est pas possible d’ajuster quoique ce soit après coup en post-production car le canal gauche contient la même chose que le canal droit.   Souvent il n’y a personne à la console de mixage pendant les spectacles, ce qui veut dire que ce qui est capté est peut-être bien pour une personne sur scène mais est ne pas l’être pour un spectateur dans la salle et pour la caméra.  On peut alors se retrouver avec un texte inaudible sous une musique trop présente et dans le cas de la poésie, c’est inacceptable.  Donc, le fait que la captation se fasse nécessairement en stéréo sur la caméra et qu’il soit impossible de refaire après-coup des ajustements qui augmenteraient le volume du texte par rapport à la musique constitue une raison supplémentaire pour ne pas utiliser simplement la captation vidéo.

La grande quantité de captations live effectuées jusqu’à maintenant conserve toutefois une valeur historique incroyable, cette discussion ne se veut pas une critique du passé mais plutôt une promesse pour un avenir dans lequel les archives seront de meilleures qualité et pourront être utilisées par chaque artiste pour la promotion de sa propre carrière ou de ses projets.

Dans un futur blogue, je détaillerai comment nous avons réussi à contourner les obstacles présentés ci-haut.

De meilleurs enregistrements live

Enregistrer des pistes audio de qualité.

Le potentiel de la poésie à Montréal va grandissant et pour mieux se présenter, quoi de mieux qu’un renregistrement de qualité.  Je présente ici 3 exemples réalisés récemment. Mettez vos écouteurs de qualité pour écouter ou des hauts-parleurs externes.

 

Comparez la version Soundcloud à la version enregistrée par la caméra ci-bas du même événement:

Voici un autre exemple:

 

Finalement, ici un enregistrement fait par Marc en mp3 mais qui a été légèrement retravaillé et resynchronisé avec la vidéo.  Encore plus de travail mais le résultat est tellement meilleur.

J’écrirai bientôt sur les techniques que nous employons.

Chapeau Yvon Jean!

En commémoration de l’Hommage à Yvon Jean

Yvon, je t’ai connu par l’intermédiaire de mon fils Gabriel (Ponctuation G Actif…) il y a plus de 3 ans maintenant. À cette époque, tu encourageais Gabriel à écrire et à venir lire en public. Je me suis intéressé à toi parce que Gabriel disait de toi beaucoup de bien. Je suis venu finalement venu écouter les poètes. Lorsque tu déclamais, la salle résonnait et parfois les hauts-parleurs hurlaient l’intensité des émotions. Je me souviens d’une des premières soirées où nous avons performés ensemble, c’était sur un bar rue Ontario dans l’Est, en joual, avec de la guitare blues – le public était en délire. Une fille est venue nous proposer un contrat d’enregistrement ce soir-là. Je n’étais donc pas seul à voir ton incroyable potentiel artististique. Yvon, tu es comme le bon vin, tu t’améliores constamment avec le temps, tu prends constamment de l’expansion : plus d’amis Facebook, plus de vidéos, plus de publications, plus de qualité, plus de subtilité, plus de générosité. L’expansion c’est l’inverse de la contraction, c’est la vie elle même.

Pour réaliser quotidiennement tout ce que tu produis, tu y met le temps, l’application, la capacité d’accepter les erreurs et de tout simplement les considérer comme des ajustements vers le but, la persévérance et la force d’un Obélix. Tu es constant,entier, et maintenant beaucoup d’autres personnes profitent de ta plateforme et de ton soutien bienveillant. Tu propose à chacun de suivre son cœur et leur permet eux-aussi de commencer leur processus d’expansion, de vie. Je te suis redevable des multiples opportunités que tu m’offre pour improviser et présenter ma musique et tu me permet à moi-aussi de soutenir des âmes que la parole guérit. Oui, la parole guérit, je le vois à chaque Lundi du Chapeau Noir, je pense par exemple à une de premières lecture publique de Jean Vaugeois, il a pleuré, nous avons tous versé une larme et Jean aujourd’hui écris de plus en plus et de mieux en mieux. Tu assures une présence rassurante et constante qui permet à ceux qui font leur premiers pas de trouver un cercle chaleureux. Tu continue d’inspirer Gabriel et je m’en réjouis.

Comme en alchimie, le grand œuvre commence par l’oeuvre au noir, l’acceptation de notre état, peu importe ce qu’il est. De cette noirceur peut sortir la vraie lumière, je pense à la chanson Halleluia de Leonard Cohen, les paroles sont si noires alors que la musique transcende complètement et nous transporte. La poésie qui semble sombre et triste n’est qu’un vernis temporaire, une couche de vieille peinture sur la lumière des poètes et tu l’as compris.

Merci Yon Jean ! Merci également de signer présent non seulement aux événements que tu organises mais aussi d’offrir ton soutien vidéo et maintenant audio à la captation de cette rélovution poétique qui va brasser la cage du Québec, un m’nent d’nné. Chapeau !

Accompagner un poète

Lorsque l’on accompagne un poète ou lecteur, quels sont les approches qui protègent l’intelligibilité du texte tout en permettant d’ajouter à l’émotion?  Un exemple tiré du dernier Chapeau Noir de janvier me vient à l’esprit.  Commencez par écouter le premier poème.

 

Dans le premier texte, la musique est comme un commentateur qui attend de voir ce qui se passe avant de commenter.  Elle cherche les respirations et les silences pour s’exprimer.  Il faut toutefois conserver une idée stylistique cohérente afin que l’ensemble soit perçu comme un tout.  Vous noterez qu’après avoir utilisé des idées mélodiques – et oui, il y a une fausse note – je commence à installer un accord.  L’accord est préparé par la tonalité induite par les idées mélodiques.  Dans ce cas-ci, le poème était plus court que ce que je pouvais anticiper.  L’anticipation d’ailleurs est une arme à double-tranchant, la nouvelle idée harmonique n’a pas eu le temps de s’installer complètement, j’aurais pu demeurer calmement dans la simplicité mélodique et être plus dans l’écoute que dans l’anticipation.

Lorsque cette technique est utilisés – le commentaire – le poète peut idéalement en prendre conscience et manifester sa sympathie avec le commentaire en accordant parfois plus de silences et de respirations à des moments critiques.  Dans le meilleurs des cas, il y a même des silences complets – musique et texte.  Les silences stratégioques sont parmi les techniques les plus efficaces pour capter l’attention et diriger l’attention tel une lampe de poche sur un objet.

Écoutons maintenant le deucième texte.  Le texte commence par « La boîte à bêtise est allumée » – hop-là, l’idée d’une machine infernale s’impose.  Des intervalles dissonants qui s’articulent mécaniquement avec un rythme répétitif.  Tant que le volume est bien équilibré, le fait de jouer en même temps – même des dissonances – deviendra comme un fond que l’auditeur oubliera à caue de la prévisibilité de la répétition.  Notez que la machine s’arrête ici et là et que l’effet de focus fonctionne.  Puis, le poète (Christian L. Ducharme-Gauthier) prend une autre voix, il y a plusieurs personnages.  J’utilise alors mon looper Roland RC-50 pour échantillonner la section répétitive et pouvoir moi aussi y aller d’un deuxième personnage qui prend la forme de guitare débridée.  Puis des contres-rythmes et une mélodie plus continue s’ajoute.  La musique devient une forme qui évolue avec le poème, elle raconte une histoire.  La finale se construit avec une mélodie ascendante dont la personnalité est de plus en plus affirmée.  Les dissonances en escalade apportent un point dramatique final.

Quelques derniers mots sur les finales, la mémoire a tendance à se rappeler du début et de la fin.  Sentir la fin venir est important et idéalement il y a un reserrement de l’attention mutuelle qui vise ensemble les adaptations de débit pour produire une finale parfaitement synchronisée.  Dans ce cas-ci, la musique avait déjà acquis sa propre logique diffilement altérable, la fin n’est pas parfaitement synchrone mais les deux fins sont logiques entre elles.  Comme en amour toutefois, on ne doit pas définir la qulité d’une relation uniquement par le fait de jouir ensemble au même moment – il y a tout le reste…

 

Le Chapeau Noir du 2 décembre

Chapeau Noir – 2 Décembre 2014

Voici un beau moment avec Helga Schleeh à la voix lors de l’événement mensuel de poésie d’Yvon Jean. La poésie de Catherine Brunette est empreinte de douceur et l’accompagnement proposé à 1m42 épouse parfaitement le thème.

On peut entendre la différence entre les moments sans musique et ceux avec accompagnement.  Rien n’est parfait ici mais pourtant, l’émotion pure passe, tout doucement.

Sans le prochain extrait, je dialogue avec les images sensuelles de la poésie de Catherine Ouellette-Simard.  On reconnaîtra les sons du Roland GR-20.  J’installe un accompagnement à l’aide d’un Boss RC-50 Loop Station.


Un des défis avec le RC-50 est de trouver le rythme rapidement sur la déclamation du poète ou de prendre une chance.  J’utilise la lumière témoin comme guide et l’auto-enregistrement déclenché par le son.  La sortie du beat box interne du RC-50 est redirigée vers la sortie ALT, de sorte que le MAIN reste silencieux.